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La population Réunionnaise
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Composition de la société réunionnaise actuelle
- Les créoles 40% de la population, sont ici chez eux puisqu'ils descendent des premiers arrivants (français et malgaches). Il y a plusieurs souches de créoles: Les "Ptits Blancs" ou "Yabs" aux yeux clairs qui composent la couche populaire, les "Gros Blancs" issus de l'aristocratie locale, et les métisses.
- Les Indiensappelés "Malabars" de religion tamoule. On les retrouve à tous les échelons sociaux. .
- Les Musulmans(25% de la population) appelés "Z'arabes" de religion musulmane. Ils commercent dans les étoffes et l'habillement.
- Les Chinois(5%)"sinois", que l'on retrouve dans le commerce alimentaire.
- Les Noirs (entre 4 et 5%) appelés "Cafres" d'origine malgache ou africaine.
- Les "Z'oreils" ou "Métros" dont certains, venus pour quelques années seulement en tant que fonctionnaire, ne partirent jamais... Le "Zoréole" est le mélange de zoreille et de créole.
- Les Malgaches qui furent à l'origine de l'occupation définitive de l'île, se sont largement métissés avec les Européens puis les créoles.
- Les Comoriens encore peu nombreux, constituent une émigration récente. |
L'île de la Réunion offre un exemple peut-être unique au monde. Son peuple
vient de dix endroits différents, de trois continents. Le cocktail
de races est subtil. A l'origine, l'île comptait plus d'hommes
que de femmes. Dès cette époque, le métissage laisse espérer
la naissance d'une colonie modèle, où les préjugés de couleur
seraient dès le départ abolis : parmi les épouses potentielles
se trouvent de pures malgaches et des métisses portugaises-indiennes
venues de Goa.
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Et
grâce à leur apport, la couleur des enfants va du blanc pur
au café foncé. Mais la Compagnie des Indes encourage et organise
la traite des noirs pour des raisons économiques. Les noirs
destinés aux Mascareignes sont pris sur la côte orientale d'Afrique,
où les trafiquants arabes et portugais sont d'efficaces fournisseurs.
Qualifiés indifféremment de "Kafir", un mot arabe
qui signifie infidèle, ces africains appartiennent en réalité
à différents peuples parfois issus de très loin à l'intérieur
du continent. S'y ajoutent des esclaves malgaches, encore plus
nombreux : ils appartiennent à des tribus de l'intérieur que
les côtiers razzient dans l'unique but de vendre les prisonniers.
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On
importe aussi des esclaves indiens mais cela ne sera qu'accessoire
: la grande vague indienne sera celle des hommes libres, travailleurs
"engagés". Ces nouveaux venus apportent d'autres coutumes,
une autre culture. Même fondu dans le moule nationale, des générations
après, ils garderont, plus que les africains et malgaches, leur
cuisine, leur musique et leur religion, l'hindouisme.
Leurs
temples fleurissent sur toute la côte où se concentrent les
grandes exploitations sucrières : hommes libres, ils pratiquent
librement leurs traditions, même si le clergé local fait des
efforts énormes pour les christianiser. Avec eux arrivent quelques
autres immigrants, de Chine, d' Annam, voir de Polynésie et
d'Australie.
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Les
Chinois ne donnent guère à satisfaction aux champs mais reviendront
bientôt plus nombreux, fuyant les bouleversements politiques
de leur pays pour occuper une place originale dans le petit,
puis le grand commerce d'alimentation.
Leurs succéderont d'autres
Indiens, venus du nord de la péninsule et de religion musulmane,
qu'on surnomme les "arabes" et qui occuperont vite
une place prépondérante dans le commerce du tissu et vêtements.
L'Ile acceptera ces nouveaux habitants et les unions interraciales
traduiront vite cette acceptation. La multitude d'enfants couleur
café au lait montre qu'il n'a pas fallu beaucoup de temps pour
que les différences de peau, de coutumes et de religions soient
oubliées au profit des élans plus universels de l'amour et de
l'amitié.
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Métissage
de peau, métissage de la langue : le créole est né de la nécessaire
simplification du vieux français pour communiquer avec des populations
étrangères esclaves et engagées et il a été enrichi par ces
mêmes populations. Retenons que le créole réunionnais (cousin
mais différent des créoles antillais, mauricien ou seychellois)
reste le langage de communication d'une majorité de réunionnais,
même si tous s'honorent du meilleur français possible. Le folklore
réunionnais est, lui aussi, métissé. Sa veine africaine est
représentée par le maloya, lancinante musique des esclaves,
rythmée par le '"rouler", gros tambour grave.
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L'Afrique
a aussi teinté les danses de salons pour donner le séga, qui
se danse en couple sur un air joyeux. Humour et romantisme inspirent
une création locale abondante et de qualité croissante, dont
le rêve est de conquérir, à l'instar des rythmes antillais,
toutes les platines laser du monde. En attendant ce jour historique,
le visiteur pourra s'initier au séga dans la plupart des hôtels
et des discothèques. Il en gardera un certain balancement dans
les reins... La Réunion offre ce modèle réussi : celui d'une
société métisse et multiraciale équilibrée de 630.000 habitants,
qui a dépassé les barrières de peau. Si les réunionnaises sont
aussi jolies, c'est parce qu'elles sont le fruit de cent mélanges.
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