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Le créole de l'île de la Réunion
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Le
créole réunionnais, spécifique à la réunion, différe sensiblement
des créoles parlés à Maurice, à Rodrigues ou aux Seychelles.
Les habitants de ces îles arrivent à se comprendre les uns les
autres.
Il s'est constitué au cours de la période coloniale au 18e siècle,
né du besoin de communication entre esclaves de différentes
origines, d'une part, entre les esclaves et les colons, d'autre
part.
Cette langue a été progressivement forgée par les esclaves,
par déformation et simplication du français usité par leurs
maîtres dans les plantations. Il contient aussi des racines
africaines et malgaches et s'est par la suite enrichi de vocables
anglais, hindi, et chinois. |
 
 
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Un
véritable système linguistique émergea alors. A la langue maternelle
de chacun s'ajouta un nouveau parler commun à tous. Langue métissée,
langue orale, dont la grammaire et l'orthographe n'ont été fixés
que tardivement, elle est aujourd'hui parlée par tous les réunionnais
dans la vie quotidienne. Sa base lexicale française et son écriture
phonétique facilitent sa compréhension.
Tu apprécieras sa mélodie nonchalante, le charme suranné des
mots hérités du vieux français, les vocables savoureux formés
par onomatopées ou par images évocatrices. Expression d'une
culture spécifique, facteur d'identité insulaire, le créole
fut interdit à l'école et sur les ondes jusque dans les années
70.
Aprés une période de quasi-clandestinité, il s'est vu réhabilité.
La littérature, la musique, les radios libres, depuis 1982,
en sont les principaux vecteurs et diffusent le créole sur la
scène publique. |
Le
français néanmoins la langue officielle, enseignée à l'école,
parlée dans les situations publiques et formelles, l'administration,
la justice, les affaires. Enfin les différentes communautés
ont parfois conservé la langue de leurs ancêtres, qu'ils parlent
entre eux, dans un contexte familiale ou religieux.
Consacrer un chapitre au "parler créole" ne signifie
nullement que le voyageur désireux de venir dans notre île aura,
préalablement à sa venue, à s'initier à ce parler si expressif.
Tout le monde à la Réunion parle français plus ou moins bien.
Mais pratiquement tout le monde le comprend bien. Ceci n'empêche
pas que le parler créole est très utilisé dans l'île. Telle
ou telle personne qui, dans la journée s'exprimera dans un français
"châtié", échangera le soir, en famille, quelques
réparties en créole. |
 

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Ainsi
le citadin normand aime de temps en temps à s'exprimer dans
son patois, comme les Bourguignons ou les Auvergnats aiment
à le faire dans le leur.
L'île de la Réunion n'a pas le monopole du créole. Il existe à l'île
Maurice, aux Seychelles, et bien loin de là dans les Caraïbes.
Dans ces diverses parties du monde, il est parlé dans des
nuances différentes.
L'origine
du créole a fait couler beaucoup d'encre et a été l'objet
de nombreuses discussions. Il est cependant un fait certain
: c'est qu'un examen approfondi de ses origines fait apparaître
très vite que la plupart des mots utilisés sont français.
On
y trouve de très nombreux termes de marine, et plus particulièrement
de la marine à voile, que l'on entend encore fréquemment utiliser
dans certains ports.
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Il
n'est pas rare dans des villages de la région de Cherbourg
par exemple d'entendre encore au café les paysans commander
: "Eune moque d'ber" = une timbale de cidre ou dans
la région de Vire/Granville lors de la saison des foins "raler
sur la liure" ou "souquer sur la liure" ce
qui signifie : tirer ou tendre la corde qui tient les bottes
de foin sur la remorque du tracteur, ou encore "fariner"
pour pleuvoir.
Ce
ne sont là que quelques exemples pris parmi des centaines
de ressemblances que l'on peut trouver entre le créole et
le patois de certaines régions de France.
Quoi
qu'il en soit, le touriste goûtera certainement, au cours
de son séjour à la Réunion, et ne serait-ce que par la chanson,
le charme du patois créole. Cette forme "douce"
du langage est souvent accompagnée de mimiques qui contribuent
à rendre son expression si savoureuse quand on a la chance
de bien l'appréhender.
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