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Les gouverneurs de l'ile de la Réunion

Voici des portraits d'hommes qui avaient en mains, et bien souvent à cœur, le destin de notre île comptoir qui allait malgré les vicissitudes de l'histoire, la France de l'océan Indien.
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Joseph de Beauvollier de Courchant
Début : 6 septembre 1718
Fin : 22 août 1723

Ce lieutenant de frégate devenu Commandant des troupes à Pondichéry après avoir été gouverneur de Bourbon et gouverneur-général des deux îles n'entendait rien au commerce. Homme attachant, modeste, il savait en vrai chef apprécier le mérite des collaborateurs et déléguer son autorité. Desforges-Boucher fit d'ailleurs ses premières classes sous sa direction. Après plus de 25 ans de services intelligents rendus à la Compagnie, il rentra à Lorient "plus gueux" en juin 1727 qu'à son départ pour les Indes en 1703. Beauvollier de Courchant fut envoyé à Bourbon en 1718 pour mettre en place l'épopée du café. Avec une équipe de qualité (Desforges-Boucher comme second, Champion et Duronguët-Le Toullec) il fit bien plus que remplir son contrat. La Compagnie n'entendant pas mettre tous ses oeufs dans un même panier, l'engagea à inciter les habitants à pratiquer une polyculture riche : poivre, coton, cannelle, en attendant le girofle et la muscade. De plus, il a le devoir de procurer aux navires de la Compagnie des rafraîchissements "en abondance et à bon compte" jusqu'au moment d'exploiter l'Isle de France.


Il devait également inciter les habitants à se livrer au commerce d'Inde en Inde que la Compagnie ne faisait pas elle-même mais qu'elle souhaitait voir les colons entreprendre. Un homme de cette trempe était promis à des fonctions plus hautes. En 1723 il fut promu au gouvernement de Pondichéry.


Bourbon lui doit le café et les prémices d'une politique de communication terrestres. En effet, à son initiative, le 24 novembre 1718, le Conseil Supérieur de l'île ordonna au Major Champion de baliser la voie la plus praticable de la Montagne pour relier St-Paul à St-Denis.